Retour sur Milonga de Sidi Larbi Cherkaouhi

Dans le cadre de notre billetterie adhérents, certains d’entre nous sont allés voir le spectacle « Milonga » du chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui à la Villette – décembre 2103.

Dont Aude qui vous livre ici ses impressions personnelles. N’hésitez pas à y répondre !

« Sidi Larbi Cherkaouhi, dans son dernier spectacle Milonga, souhaite présenter la relation qui s’établit entre deux partenaires de tango, relation qui fonde cette danse, et qui, d’après lui, peut être perçue par un œil externe : «Lorsqu’un couple danse, nous sentons ce dialogue hypnotique entre des corps intuitivement connectés ».

Malgré cette volonté exprimée par le chorégraphe, le spectacle a du mal à rendre compte de la relation qui s’établit entre deux danseurs de tango. Les expressions un peu exagérées des visages et la gestuelle à tendance dramatique ne révèle pas la subtilité d’une communication qui est sensé passer par le plexus solaire, la main posée sur le dos et, avant tout, l’écoute du partenaire.

En revanche, dans la catégorie des spectacles de tango, c’est franchement réussi : beaucoup d’élégance, de la simplicité, des acrobaties sensuelles, des danseurs irréprochables et complices, de l’émotion, ainsi qu’une juste dose de paillettes. Les musiciens sur scène rajoutent une touche d’authenticité au spectacle qui déjà, grâce à l’apport de la vidéo, se sent venir du cœur de Buenos Aires.

Alors que Sidi Larbi Cherkaouhi souhaite inscrire le tango dans le XXIème siècle, il est dommage que l’interaction des six couples de danseurs de tango avec le couple de danseurs contemporains ne soit pas plus présente. Il aurait pu l’utiliser davantage pour faire réfléchir, par contraste, au travail du buste dans la danse, à une danse non sexualisée, au fait que chacun des partenaires puissent guider l’autre et se laisser guider par l’autre alternativement, etc.

Quelques tableaux nous emportent amusants, émouvants, distrayants. Le trio masculin alternant entre le fort et le sensuel, le vif et le caressé ainsi qu’entre des passes fluide et dynamique est fascinant. La qualité et la douceur de la danse de Damien Fournier touchent profondément. Néanmoins les moments de danse collective, amplifiés par les vidéos et les figurines sur scènes, ne révélant rien d’autres que des jambes n’en finissant pas de jouer, finissent par lasser un peu. »

Aude B.