L’air ivre
« L’état de danse : une sorte d’ivresse, qui va de la lenteur au délire, d’une sorte d’abandon mystique à une sorte de fureur. » Paul Valéry, écrivain
Soyons ivres de danse !
Danser, pratiquer le yoga, méditer, expérimenter, jouer, créer, se rencontrer.
L’air ivre ouvre des espaces de pratique et de partage, portés par la curiosité et l’engagement.
Et si le corps est au centre de nos pratiques, c’est aussi parce qu’il est beaucoup plus étrange, riche et multiple qu’il n’y paraît.
Nous sommes multiples.
Nous ne sommes pas un corps accompagné d’un esprit.
Nous sommes faits d’une multiplicité de systèmes, de perceptions, d’états, de mémoires, d’impulsions et de manières d’être au monde.
Le squelette ne nous donne pas la même expérience de nous-mêmes que le sang, la peau, les organes ou les liquides. De même, notre vie psychique n’est pas nécessairement une voix unique : différentes parts de nous peuvent vouloir, craindre, protéger, désirer ou résister simultanément.
L’air ivre explore cette multiplicité non comme quelque chose qu’il faudrait réduire ou unifier, mais comme une ressource pour percevoir, se mettre en mouvement, entrer en relation et créer.
D’autres manières d’être,
D’autres manières d’être ensemble
Le corps est une mine de ressources, trop souvent inexplorées ou peu valorisées. Notre multiplicité intérieure l’est tout autant.
Méditer comme jouer peuvent nous donner accès à cette richesse : percevoir ce qui est là et explorer ce qui pourrait être.
Que se passe-t-il lorsque nous nous autorisons à être autrement et laissons à l’autre la liberté de nous surprendre ?
Dans l’improvisation, les codes peuvent se déplacer et s’inventer entre nous. Nous créons ensemble des cultures éphémères, où d’autres manières d’être et d’être ensemble deviennent possibles.
Du mouvement à la danse
Partir du squelette, du sang, de la peau ou des organes peut faire apparaître des rythmes, des formes, des présences et des imaginaires très différents.
Le somatique devient matière artistique.
Changer la manière dont nous nous percevons peut changer la manière dont nous apparaissons.
Le mouvement devient matière à explorer, à jouer, à composer. Des formes émergent, parfois inattendues.
La beauté peut alors surgir de ce qui émerge, se transforme et nous surprend.
Affiner le regard
Affiner notre perception du mouvement peut aussi modifier notre manière de regarder ce qui nous entoure.
Des rythmes, des transformations, des relations, des présences deviennent perceptibles là où nous ne les remarquions pas auparavant.
Cette expérience sensible nous donne aussi des clés pour entrer dans les esthétiques de la danse contemporaine. Lorsqu’on a soi-même éprouvé différentes qualités de mouvement, différentes organisations du corps, on peut en reconnaître les traces dans une œuvre chorégraphique.
L’expérience du mouvement nous apprend à percevoir ce que la danse donne à sentir autant qu’à voir.
Regarder la danse, c’est aussi l’expérience d’un corps qui rencontre d’autres corps en mouvement.
Les Plateaux d’improvisation de L’air ivre participent de cette recherche : rapprocher l’expérience, la création et le public, et donner à voir la danse en train de se faire.
Vivants parmi les vivants
Perçois ce qui est là.
Mais ce que nous percevons n’est jamais tout ce qui est.
Prendre au sérieux notre expérience ne signifie pas nous y enfermer. Elle peut au contraire devenir le point de départ d’une curiosité : confronter nos perceptions, déplacer nos certitudes, rencontrer d’autres expériences et d’autres savoirs.
En explorant ce qui nous constitue, les frontières entre soi et le monde deviennent peut-être un peu moins évidentes.
Nous ne sommes pas face au vivant. Nous en faisons partie.
L’air ivre souhaite mettre cette expérience sensible en dialogue avec la création artistique, les sciences et d’autres formes de pensée.
Conférences, rencontres et ateliers prolongeront ces questions. Ce qui nous traverse en gardera les traces et les mettra en partage.
Et maintenant, un lieu
Avec Le Tapis Volant à Pantin, L’air ivre dispose pour la première fois d’un lieu où cette recherche peut se déployer.
Pratiquer. Chercher. Créer. Montrer. Rencontrer.
Cours réguliers, laboratoires, ateliers et masterclass côtoieront temps de création, Plateaux d’improvisation, scènes ouvertes, conférences et rencontres.
Le Tapis Volant veut être à la fois un lieu de proximité, ancré dans son quartier, et un lieu d’exigence artistique, ouvert aux amateurs, aux artistes, aux professionnels et aux curieux.
Au fil du temps, L’air ivre souhaite y faire émerger un lieu ressource autour du corps, de la création et du vivant.
