Retour sur Les Nuits de Preljocaj

Dans le cadre de notre billetterie adhérents, certains d’entre nous sont allés voir le spectacle «Les Nuits» du chorégraphe Angelin Preljocaj à Chaillot le 12 janvier 2104.
Dont Aude qui vous livre ici ses impressions personnelles. N’hésitez pas à y répondre !

140109-nuits_3« Le spectacle s’ouvre sur une scène qui plonge immédiatement le spectateur dans l’univers érotique des contes des mille et une nuits. Des femmes semi nus se meuvent, se lavent, s’étendent langoureusement au milieu des vapeurs d’eau d’un hammam. Dans cette atmosphère envoûtante, elles communiquent une sensualité prégnante que l’on retrouve tout au long du spectacle.

C’est en effet une succession de tableaux plus sensuels et érotiques les uns que les autres que Preljocaj a ici construit ; des femmes et des hommes, surtout des femmes, dans le plaisir. Le tout s’enchaîne, parfaitement calé, avec pour transition la fin du tableau précédent qui reste sur scène pendant que l’autre s’installe. Malgré l’absence de narration, le spectateur est emporté pendant presque toute la pièce, quelques tableaux tirant un peu en longueur.

Preljocaj ne tombe pas dans les clichés orientaux et utilise Les Milles et une Nuit pour mettre à l’honneur les femmes et le plaisir : costumes qui laissent apparaitre fesses et poitrines, talons aiguilles, petites culottes roses, tapis volants sur lesquels les danseurs s’adonnent à des jeux érotiques.

Alors que Preljocaj, par le biais de ce spectacle, souhaite interroger la place de la femme dans nos sociétés, cette mise en scène pourrait surprendre. Or ce n’est pas la femme comme objet sexuel qui est ici présenté, mais bien la femme en pleine possession de sa sexualité.

Trop souvent encore le désir sexuel est présenté comme l’apanage des hommes. Ici les femmes revendiquent et assument leur plaisir, leur sensualité, leur sexualité et leurs désirs.  C’est d’ailleurs en mini-robes roses que les danseuses font un bras d’honneur au spectateur au son de « This is a Man’s world » ! »

Aude B.

Crédit photo : © Jean-Claude Carbonne