Retour sur Constellation d’Alonzo King

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Crédit : Margot Moritz

Dans le cadre de notre billetterie adhérents, certains d’entre nous sont allés voir le spectacle «Constellation» du chorégraphe Alonzo King à Chaillot le 13 décembre 2103.
Dont Aude qui vous livre ici ses impressions personnelles. N’hésitez pas à y répondre !

 

« Des danseurs entrent sur scène, sortent, se retrouvent, toujours en mouvement, par pas de deux, de trois, et plus, dans un vocabulaire chorégraphique vivant, dynamique et riche. Ces corps puissants, techniquement irréprochables, étoiles virtuoses même, dansent côte à côte, chacun dans sa chorégraphie, presque comme s’il s’agissait d’une compétition pour capter l’attention du spectateur. Mais étonnamment, lors de rares mouvements en communs, les danseurs ne sont jamais parfaitement ensemble.

Un écho à nos vies citadines contemporaines? Portée par l’euphorie de la ville, une vie « en speed », qui ne s’arrête jamais. Les Händel, Vivaldi et Strauss chantés magnifiquement sur scène n’y changent rien. Dans cette course où chacun cherche à devenir sa propre étoile, les vies agitées sont côtes à côtes, se croisent, se rencontrent. Parallèlement la capacité à oublier son individualité, capacité nécessaire à la création d’un mouvement collectif harmonieux, semble diminuer.

Pendant le spectacle, cette avalanche de virtuosité nous donne envie de dire stop! Si on prenait le temps de ressentir, de savourer la richesse chorégraphique dont il est parfois difficile de profiter tellement tout s’enchaîne. D’ailleurs le regard se perd entre les différents danseurs et il n’est pas facile de comprendre là où le chorégraphe souhaite emmener le spectateur.

Un duo homme-femme revient régulièrement pendant le spectacle. Dans des élans passionnés, il entremêle l’amour et la haine, alterne la fusion et le rejet. Pendant le dernier tableau, alors que le danseur a du mal à retenir sa partenaire, elle semble enfin comprendre, et nous faire comprendre, que pour s’aimer, il faut accepter de ralentir, de s’arrêter. »

Aude B.